Expression contre culture

Jérôme Bosch, Le portement de la croix avec Sainte Véronique, Musée des Beaux arts gand, via revue.dialectique.free.fr

Jérôme Bosch, Le portement de la croix avec Sainte Véronique.  (Détail). 1515-1516.

Peinture d’un drame : une scène gravée dans nos culture vue ici par l’œil d’un peintre qui ne recule devant rien : Expressions outrées, effrayantes, grimaces de cauchemar, le martyre du saint entouré de ses tortionnaires surgit des ténèbres serrant la douleur blanche et la sainteté de celle qui reste fidèle et détourne simplement la tête.

Peindre la vie, les émotions, les âmes, Bosch l’a fait mieux que personne par l’étude des visages auxquels il a donné une telle force qu’on en reste interdit.

 

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Boilly. (1761 – 1845). Trente-cinq têtes d’expression. 

Donner à voir trente-cinq expressions de la figure humaine, c’est le pari de Boilly pour caricaturer son époque. Le travail est remarquable, d’une précision cruelle et sans concessions. Un travail d’orfèvre.  

Courbet. Le Désespéré. (Autoportrait.) 1843 – 1845

On peut aussi se croquer soi-même. Ici Courbet, qui n’en est pas à sa première audace, relève le défi d’un autoportrait hors norme. « Les yeux écarquillés, les narines dilatées, la bouche entrouverte, Gustave Courbet semble vouloir s’avancer en direction du spectateur, se rapprocher de lui, le prendre à témoin, l’attirer dans ses désespoirs. » Michael Fried

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Van Dongen. (1877 – 1968). La penseuse.

En art, l’expression traduit une époque et tend un miroir. Le peintre nous donne à voir ce qu’il regarde de son monde : mondaines maquillées un peu lasses de Van Dongen, cri muet de Munch, (un des tableaux les plus chers du monde symbolisant l’angoisse existentielle…) autant de représentations de la figure humaine qui auront profondément marqué leur temps.

 

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Munch. Le Cri.1893 – 1917.

La stylisation de l’art moderne n’enlève rien à la force de l’expression. Ici, Brancusi devient l’artiste de la profondeur des sentiments. 

Constantin Brancusi: Sleeping Muse (1909-10)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brancusi. Muse endormie. 1909-1910.

Avec une économie de moyens stupéfiante, toute l’intériorité de la muse endormie est présente en quelques courbes seulement. A méditer…

 

Picasso. Tête de femme. 1907.

Picasso, quant à lui, traverse depuis toujours les strates de l’apparence pour ne livrer d’un portrait de femme que l’essentiel de ce qu’il a voulu en dire. On ne sait pas ce que le dame, elle, en aura pensé…

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Basquiat. The heads of gold. 1982

Pour en terminer avec ce choix arbitraire de quelques œuvres de la figure humaine, un petit tour dans l’art de notre époque nous montrera, avec ce tableau de Basquiat, peintre à la personnalité si touchante, que l’art n’a rien perdu de sa force expressive.

Ici quelques mots présentant l’exposition Basquiat à Paris en 2011 : « Basquiat définit ainsi une contre-culture urbaine violente et anarchique pétrie de liberté et de vitalité. A sa mort à 27 ans Basquiat est un peintre célèbre. Il nous laisse une oeuvre considérable, d’environ mille peintures et deux mille dessins, autant de marques de son exceptionnelle énergie créatrice habitée par la mort, la rage et sa propre destinée. » 

A l’atelier, nous avons poussé des limites et tenté l’expérience de l’expressivité. Après quelques difficiles essais, quelque chose a surgi.

Toutes nos têtes.

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