Turner : l’âme et la lumière

C’est seulement quand nous n’avons plus peur que nous commençons à créer.

William Turner

 

Turner l'âme et la lumière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Joseph Mallord William Turner (1775-1851)

 

A 17 ans, Turner part en voyage un cahier de croquis  à la main et sa boîte d’aquarelles.

Un voyage qui va durer toute sa vie.

 

Magic Turner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La boîte d’aquarelles de Turner.

 

Il est né en 1775 à Londres. C’est un homme rude, qui  parcourt le monde insatiablement, seul, pour étudier la nature et les maîtres anciens. En Italie, en France, en Allemagne, en Suisse… Partout il peint tout ce qu’il voit. Sa vie entière est dévouée à son art.

Depuis l’âge de 14 ans, il est élève de la très célèbre Royal Academy, (il y expose chaque année) réalise très vite des commandes, connaît très jeune le succès et l’aisance, élu académicien à l’âge de 27 ans.

 

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Turner – Bateau hollandais dans la tempête. 

 

Drôle de personnage, à la fois rustre, peu communicatif, taciturne, solitaire, négligé, ne se consacrant qu’à la peinture, mais poète en plus d’être peintre. Ce génie des ardents soleils et des incendies est également un excellent professeur de perspective.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Turner. Ewenny Prieuré.

 

Dans cette aquarelle, Turner utilise la technique de la perspective et la lumière pour agrandir l’espace.

Turner et la Royal Watercolour Society de Londres donnent à l’aquarelle ses lettres de noblesse. Les aquarellistes y contribuent à sa reconnaissance en démontrant son utilité et ses qualités. Cette technique sera adoptée par des français : Cézanne, Delacroix, Rodin…

 

A Venise, Turner tombe amoureux de la lumière, et, peu à peu, celle-ci devient le sujet principal de son œuvre qui de figurative évolue vers une forme pré-impressionniste : le sujet est dissout dans la lumière et la couleur.

 

Le « passage » (Tempête de neige en mer, 1842), se fait après un voyage en Italie en 1819.

 

Turner est le premier peintre à considérer la couleur comme autonome. Cet immense artiste avait une vision poétique de la lumière plus importante à ses yeux que la réalité elle-même.

Bien longtemps avant Monet, (qui a vu les œuvres de Turner en 1870 à Londres), le peintre londonien radicalise son travail pour ne plus garder qu’une vision lumineuse et transfigurée de la réalité, comme si le sujet n’était plus que la lumière elle-même : (« L’incendie du Parlement » – 1835.). Il réinvente la peinture.

 

Turner –  L’incendie du Parlement – 1835.

Pour Signac, Pluie, vapeur et vitesse, le chemin de fer de la Great Western est à l’origine de l’impressionnisme. (Turner a représenté l’intérieur de la chaudière à partir de schémas explicatifs. La chaudière est donc vue par transparence.) Ce tableau connaît un grand succès à cause de l’illusion de la vitesse due à la perspective.

Avec des couleurs toujours plus vibrantes, la presse le critique sur son usage excessif du « jaune ». Ses aquarelles sont publiées dès 1826. Il est connu, apprécié, mais raillé. Sa modernité passe mal.

 

Turner l'âme et la lumière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caricature d’époque de Turner.

 

A la fin de sa vie, il disparaît sous une fausse identité, au bord de la Tamise, rompant toute relation avec le monde, restant caché solitaire.

Il lègue à l’Etat plus de 20 000 œuvres sur papier et de quoi construire un asile en faveur des artistes pauvres.

Les œuvres de la fin de sa vie furent une source d’inspiration encore plus grande pour les artistes.

Toute la modernité artistique est marquée par la création de Turner : paysagistes du dix-neuvième siècle, impressionnistes français, néo-impressionnistes et symbolistes, abstraits du vingtième siècle.

 

Magic Turner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Turner. Tempête. 1830.

 

Sa technique picturale était très en avance même si Turner considérait ses peintures « abstraites » comme inachevées et ne les exposa pas, elles semblent étonnamment modernes. Turner est considéré comme le précurseur de l’art abstrait.

Le peintre américain Mark Rothko exprime son admiration face à la « qualité intrinsèque » des couleurs de Turner, et compare les rotations dans les compositions de Turner avec les tourbillons dynamiques de Jackson Pollock.

 

William Turner. Loch Lomond, 1834. Aquarelle.

 

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Turner – Le lac de Lucerne – Aquarelle.

 

Et pour finir, un gros coup de cœur : le film anglais : Mr Turner, de Mike Leigh avec Timothy Spall, (l’affreux dans Harry Potter), performance époustouflante. Une sensibilité extraordinaire sous une grosse peau d’ours mal léché. Un grand moment.

 

Ici, un très bon article de Anne-Marie Baron.

Nos belles aquarelles : paysages de neige

 

 

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