Une journée Soie

 

La soie : support extraordinaire, toujours en mouvement, fusant par capillarité, délicat et pourtant solide, qui permet de peindre à l’aquarelle comme en épaisseur, autorisant toutes les audaces, toutes les expérimentations…

A l’Atelier, nous avons consacré toute une journée à explorer les techniques propres à ce matériau si particulier.

Les techniques de la peinture sur soie sont millénaires, l’art d’aujourd’hui les redécouvre pour une approche très contemporaine.

Tant de possibilités s’offrent à l’artiste qu’il est impossible d’en dresser la liste… Chacun trouvera avec la soie sa propre voie. A condition d’aimer les surprises…

 

 

Traditionnellement on tend la soie sur cadre, (nous verrons que c’est loin d’être une obligation). Et puis on essaie les couleurs sur un petit bout perdu : touches, tache, pulvérisations…

 

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Quand on aime la couleur, la soie est le support le plus généreux. La moindre tâche est irisée, la couleur est illuminée, satinée par la qualité exceptionnelle de ce textile qui lui permet de voyager par capillarité.

Sur soie sèche les couleurs se mêlent et créent des nuances et des formes insoupçonnées.

 

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Sur soie mouillée, on retrouve les qualités de la peinture à l’aquarelle avec, en plus, les surprises que réserve le support.
En passant un antifusant, on peint comme sur le papier.

 

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Dans les techniques traditionnelles, chinoise et japonaise en particulier, on utilise la gutta (à base de latex) qui délimite par cloisons les contours du dessin et empêche la couleur de quitter les limites. Ce qui n’enlève rien aux possibilités créatrices.

 

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Le batik quant à lui (originaire de Java et très utilisé en Afrique) permet de créer par succession de couches de cire (épargnes) des motifs de couleurs différentes. Autrement dit, la cire crée des réserves qui restent claires.

 

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On peut aussi essayer le sel, le savon, le sirop de sucre, l’alcool par petites touches…

Le sel interagit avec la couleur pour des effets marbrés. Il attire le pigment et laisse une zone plus claire dans son sillage. On peut maîtriser (un peu) ce phénomène en disposant les grains de sel suivant un tracé établi.

 

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La peinture sur soie froissée est une excellente façon de peindre sans savoir dessiner. (Les effets obtenus sont toujours étonnants. La peinture en séchant produit des taches foncées sur le haut des plis et donne les contrastes. Attention tout de même à ne pas mettre trop de couleurs différentes.)

 

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Dans la technique du shibori (Japon), on procède par pliages et ligatures. Ici avec des pois chiches qu’on enveloppe avec un fil bien serré avant la mise en peinture et quelques ficelages plus ou moins aléatoires…

 

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On plie la soie plusieurs fois et on la ligote avec ficelle (grosses réserves), fil (fines réserves) ou élastiques afin de créer des dessins particuliers.

 

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Ensuite vient la mise en couleur. Voyons où ces expérimentations nous mènent…

 

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C’est en dépliant la soie en défaisant les nœuds que l’oeuvre apparaît.

 

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Et pourquoi pas ? Un peu de tout à la fois…

 

Ici un petit article qui présente quelques chefs d’oeuvre anciens peints sur la soie :

 

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